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Publication du '2017' 'juillet'

Une expérience unique

En moins de deux ans, l’immersion des bouteilles dans le lac d’Annecy est devenue une manifestation attendue par de nombreux amateurs de vins (mais pas que), de toute l’agglomération annécienne et au-delà, jusqu’à Genève. Cette immersion aiguise la curiosité de toutes les personnes, qu’elles soient venues au port de Sevrier voir les plongeurs de la « Coulée Douce » descendre les bouteilles ou qu’elles en aient pris connaissance par la radio ou la presse. Quasiment pas une semaine sans que l’on me pose des questions dont je peux résumer la plus courante ainsi : « alors, qu’est-ce que ça a donné ? »

La troisième édition de l’immersion de bouteilles de vin dans le lac d’Annecy a eu lieu le samedi 17 juin 2017. Quelques 300 bouteilles de vins blancs et rouges de différents vignobles français et étrangers vont reposer pendant un an, dans une eau pure et fraîche par 22m de profondeur.

Ce même jour était organisé une grande dégustation comparative entre les vins immergés en juin 2016 qui avaient été remontés quelques jours auparavant et ceux conservés en cave. Comme l’an passé, ce fut une surprise pour les uns, une confirmation pour les autres. Les vins du lac ont grandement profités de leur séjour à une température comprise entre 5 et 8°C, en absence d’oxygène. Ils ont gardé ou plutôt retrouvé leurs arômes fruités et floraux de jeunesse, tout en gagnant en opulence et en suavité. Les vins blancs explosent littéralement en bouche, quant aux vins rouges ils montrent une bouche charnue et tendre à la fois avec un grain de tanins des plus délicats. Et pour couronner le tout, de longues finales rafraîchissantes. En résumé, des vins droits, précis, frais, riches, au toucher soyeux, très différents des vins conservés en cave qui n’en restent pas moins des vins attachants.

Je transporterais bien trois à quatre milles bouteilles de ma cave au fond du lac, mais cela restera certainement un rêve !

Le lac magnifie les bons vins

En 2016, les vins furent vendus aux enchères par lots de deux (une bouteille du lac, une bouteille de la cave) et à l’automne, comme cela avait été annoncé, je remis le bénéfice de cette vente à l’association de solidarité internationale « Hydraulique Sans Frontières ». HSF soutient des projets de développement rural engagés par des partenaires des pays du Sud, qui nécessitent un appui technique dans le domaine des aménagements hydrauliques afin qu’ils puissent subvenir aux besoins fondamentaux des habitants.

Cette année pas de vente aux enchères (les vins sont disponibles chez Wine & Vin Shop à Sevrier), mais de la même façon, un chèque sera remis d’ici quelques mois à une ou plusieurs associations qui fournissent une assistance humanitaire ou qui travaillent pour la protection animale ou de l’environnement.

Cépages et vagabondages en Savoie

Le vignoble de Savoie peut s’enorgueillir d’être l’un des plus anciens de l’hexagone. Il fut créé par les Allobroges qui s’imposèrent rapidement comme des vignerons de talent dès le Ier siècle de notre ère. Leur vin à base du cépage Mondeuse se fit remarquer tant dans les Iles lointaines du Nord qu’à Rome.

Toutes les communes autour du lac d’Annecy, sur les deux rives furent viticoles. L’histoire n’a pas retenu de cru particulier mais quelques coteaux permettaient de produire des vins d’un bon niveau qualitatif. En vous promenant vous découvrirez peut-être les dernières vignes du lac à Menthon-Saint-Bernard ou à Angon près de Talloires.

Pour découvrir le vignoble savoyard, il vous faudra quitter Annecy. Voici l’un des multiples itinéraires que vous pourriez suivre. Prenez la direction d’Albertville et à Faverges tournez à droite en direction du col de Tamié. Si vous avez un peu de temps, arrêtez-vous un peu avant à l’Abbaye. Le cadre est magnifique, empreint de calme et de sérénité. Le « Tamié » fromage de l’abbaye s’accorde très bien avec un vin blanc issu de Jacquère à la fraîcheur minérale et aux arômes d'anis et de capucine, tout comme avec un Gamay, un Pinot noir ou une Mondeuse de jeunes vignes, souple et fruitée.

En descendant le col vous plongerez dans la Combe de Savoie où coule l’Isère. Prenez la direction de Fréterive et de Saint-Pierre d’Albigny où apparaîtront les premiers coteaux plantés en vigne dont celles du domaine Saint-Germain au pied du Château de Miolans. Altesse, Gamay, Pinot, Mondeuse et Persan sont à leur aise sur ces sols fins et profonds parfaitement exposés.

En vous rapprochant de Montmélian, arrêtez-vous à Arbin, commune réputée depuis des lustres pour ses Mondeuses. Le Château de Mérande en produit d’excellentes comme « la Belle Romaine » ou le « Comte Rouge ».

En vous rapprochant un peu de Chambéry, vous pourrez vagabonder d’un hameau à l’autre dans les coteaux de Chignin, appellation très connue pour son fameux Bergeron (le nom officiel est Roussanne). C'est un cépage élégant, délicat, d'une très grande qualité aromatique et d'une très grande qualité tout court dont les cuvées « Les Fripons » et « Les Filles » de Gilles Berlioz sont de remarquables ambassadrices tant elles atteignent à mon avis, un niveau d’expression et d’équilibre égal à beaucoup de très grands vins blancs secs.

De l’autre côté de la vallée, le Mont-Granier à l’allure si particulière (un pan entier s’est effondré en 1248) domine les vignobles des Abymes et d’Apremont. Cette fois, c’est la Jacquère qui colonise la plupart des coteaux. La cuvée « Monfarina » du domaine Giachino et les cuvées « Lisa » et « La Déchirée » de Jean-Claude Masson pour ne citer que celles-là vous montreront combien ce vieux cépage savoyard est si parfaitement adapté à ce terroir d’éboulis.

Un grand d'Espagne, le Grenache noir

Il est très certainement originaire d’Aragon. Au XVème siècle, l’expansion du royaume aragonais lui aurait fait gagner le Roussillon. De là, il migra en Languedoc, puis dans sud de la Vallée du Rhône et enfin en Provence.

C'est un cépage qui donne ses meilleurs résultats lorsqu'il est cultivé sur des coteaux couverts de schistes. Sur ces sols acides, où souvent la température est élevée de façon continue, où les précipitations sont rares voire inexistantes pendant tout l’été, où le vent, Mistral ou Tramontane, assèche un peu plus le sol et la végétation, seul le Grenache est capable de résister et surtout de produire des vins riches mais remarquablement équilibrés. Malgré ces conditions extrêmes, ses vins restent aromatiques, moyennement tanniques sans pour autant perdre de leur moelleux, alcooliques sans pour autant être brûlant. Quant aux vieilles vignes, elles donnent des vins à l’équilibre parfait tant la fraîcheur l’emporte sur la puissance et tant la texture crémeuse rend le vin délicat et persiste en bouche.

Assemblé comme cela est très souvent le cas avec d’autres cépages tels que la Syrah, le Mourvèdre et le Carignan, même en petites proportions, il nous donne ici des Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Cairanne et autres Vinsobres à se pâmer, là des Pic Saint-Loup, Faugères ou Minervois irrésistibles, sachant bien évidemment que l’on peut se régaler avec des vins d’appellations plus modestes comme un Côtes-du-Rhône ou un IGP1 Pays d’Oc. Mais attention, n’y allez pas les yeux fermés car vous le savez bien, dans toutes ces appellations comme dans tant d’autres de la Vallée du Rhône ou d’ailleurs, le meilleur côtoie le pire.

Impossible de parler du Grenache noir et de son formidable potentiel d’accumulation des sucres, sans évoquer maintenant les Vins Doux Naturels que sont certains Rasteau, les Rivesaltes, les Maury et les Banyuls qui, faut-il encore le préciser, n’ont rien à voir avec les vins cuits !

Sur ces terroirs qualitatifs, les petites grappes de Grenache récoltées à la main donneront un jus très coloré qui, au cours de sa fermentation, sera muté2, pour devenir un vin plein de douceur, regorgeant de délicieux arômes de fruits rouges. Lorsque le mutage a lieu sur marc (avec la partie solide, pellicule et pépins), il est suivi d’une longue cuvaison pour un vin plutôt destiné à un vieillissement pendant plusieurs années en foudre ou en barrique, ce qui lui apportera une complexité aromatique unique au monde et une aptitude à la conservation en bouteille quasiment illimitée.

Pour bien commencer (ou bien continuer) avec le Grenache, voici quelques propositions :

Banyuls cuvée «Thérèse Reig» du Domaine de la Rectorie

Pour sa robe noire, intense et profonde. Pour l’explosion de saveurs avec des fruits noirs en confiture. Pour sa bouche toute de douceur accompagnée d’une fine touche d’épice. Pour sa fraîcheur incroyable aussi. Ce Banyuls qui n’a pas connu d’élevage oxydatif nous offre donc toute la gourmandise de fruits gorgés de soleil.

Côtes-du-Rhône-Villages Visan « Garrigues » de Rémi Pouizin :
Sur un sol composé d’argile rouge et de galets, ces vignes plus que centenaires donnent un vin parfumé où la cerise noire se mêle à un arôme de café fraîchement moulu. Puis vient la figue, la rose et la réglisse. En bouche ce vin est caressant et quasi aérien tant sa fraîcheur fait oublier sa richesse en alcool. Ce vin nous rend compréhensible l’impérieuse nécessité du travail du sol et ce n’est que l’une de ses nombreuses qualités.

Le Grenache blanc, le Grenache gris et le Grenache rose ne diffèrent du Grenache noir que par la couleur de leurs baies. Pour découvrir tout le potentiel du Grenache gris, dégustez le Collioure blanc «L'Argile» du Domaine de la Rectorie, où l’art de faire un grand vin avec un cépage injustement mésestimé pendant longtemps.

1 Indication Géographique Protégée (Vin De Pays)

2 Le mutage est une opération qui consiste à ajouter de l’alcool éthylique neutre à 96° dans une cuve en fermentation, afin de stopper celle-ci et de conserver ainsi des sucres résiduels.

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