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Une escapade dans le vignoble de la Combe de Savoie

Lundi 27 février, dans les vignes de Raphaël Saint-Germain, au pied du Château de Miolans :
« Je me sens mieux dans mes vignes depuis que je travaille en AB » me confie Raphaël en me montrant un coteau qu’il vient de replanter. « Il faut réfléchir. Le vin n’est pas un produit de première nécessité, il faut donc qu’il apporte du plaisir. Je fais des efforts environnementaux depuis longtemps, la suite logique c’était d’obtenir un label bio ».

En Savoie, la pluviométrie est relativement importante et le vignobleen coteaux, ce qui rendaient autrefois le travail du sol pour contrôler l’herbe, long et fatigant. C’était une corvée. Nous étions dans une logique de production, c’était la période du vin-aliment. Le vigneron ne savait pas ou ne pouvait pas valoriser son travail. Son vin était souvent vendu en vrac. Alors, l’arrivée des pesticides qui rendit notamment l’utilisation du piochon révolue, fut considérée comme un progrès, avec le développement des problèmes graves de santé que le monde paysan, mais pas seulement, connait depuis de nombreuses années maintenant.

Aujourd’hui, avec l’aide de la mécanisation, une meilleure connaissance des interactions entre le sol et la plante, la redécouverte de traitements à base de végétaux et de minéraux, la qualité des vins a fait un bond et le vigneron peut vivre dignement de son travail. Un travail de réflexion au niveau de la conduite de la vigne, sans rechercher systématiquement des rendements élevés, et des vinifications, est effectué pour minimiser voire annuler les intrants.

« Bien sûr, il faut un peu d’inconscience pour travailler en bio, il faut vouloir prendre des risques car vous n’avez pas d’armada chimique pour vous protéger. C’est toujours de la sueur, de la fatigue, quelques fois du découragement, mais je ne reviendrais en arrière ». L’effet millésime est prononcé et évident en culture biologique, la chimie c’est le nivellement. Sans compter que les vignerons bio s’entendent bien entre eux et s’entraident, se soutiennent, échangent. Quant aux rapports avec les consommateurs, ils vont bien au-delà du simple acte d’achat.

Et Raphaël de conclure par une belle citation d’André Gide : « les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison ».

Petit rappel (peut-être utile) sur le vin bio:
C’est un vin produit à partir de vignes cultivées sans aucun produit chimique de synthèse (engrais, herbicide, fongicide ou insecticide) et sans OGM. Les sols sont labourés et la plante est traitée contre les maladies cryptogamiques avec du soufre (un minéral), des doses très faibles de cuivre (de plus en plus souvent remplacé par des huiles essentielles), des infusions et des décoctions de plantes qui renforcent aussi son système immunitaire (ortie, sauge, prêle, fenugrec, consoude, ...).
C’est donc un vin sans résidu de pesticides qui sont cancérigènes, toxiques pour le développement et la reproduction, perturbateurs endocrinien, neurotoxiques.

Les trois plus :

• La culture biologique améliore la fertilité des sols, préserve l’environnement (air et eau) et favorise la biodiversité,

• Le vin bio respecte la santé du consommateur,

• C’est aussi un vrai vin de terroir, aux arômes précis, au fruit éclatant, à l’équilibre délicat, plus lumineux, plus proche du raisin que les vins issus de l’agriculture conventionnelle (dont le nom est inapproprié, pour le moins).

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