Vin bio, biodynamique et nature

Vin bio, biodynamique et nature

Le vin biologique :

C’est un vin produit à partir de vignes cultivées sans aucun produit chimique de synthèse (engrais, herbicide, fongicide ou insecticide) et sans OGM.
Les sols sont labourés et la plante est traitée contre les maladies cryptogamiques avec du soufre, un minéral, contre l’oïdium par exemple, des doses très faibles de cuivre, de plus en plus souvent remplacé par des huiles essentielles, contre le mildiou, des infusions et des décoctions de plantes qui renforcent aussi son système immunitaire (ortie, sauge, prêle, fenugrec, consoude, …).

Si un engrais est utilisé il sera d’origine organique bien évidemment.

C’est donc un vin sans résidu de pesticides qui sont cancérigènes, toxiques pour le développement et la reproduction, perturbateurs endocrinien, neurotoxiques.
Les vins des vignerons sélectionnés chez Wine-et-Vin sont vinifiés le plus naturellement possible, uniquement à partir des levures indigènes et avec éventuellement une petite dose de soufre (voir le tableau ci-dessous).

Ceci étant, la réglementation sur les vins bios autorise une pharmacopée importante, même si la liste des produits utilisables est plus réduite que pour une vinification conventionnelle, ainsi que des traitements physico-chimiques comme l’acidification, la désacidification, les traitements thermiques, etc.

Précisons que si beaucoup de consommateurs pensent à tort qu’un vin ne peut pas être bio s’il contient des sulfites, ils ignorent souvent que les résidus de désherbants et de traitements ne sont pas indiqués sur l’étiquette ou la contre-étiquette et présentent pourtant un danger pour la santé sans commune mesure.

Les trois plus de la culture biologique :

  •  Elle améliore la fertilité des sols, préserve l’environnement (air et eau) et respecte et favorise la biodiversité,
  •  Le vin bio respecte la santé du consommateur,
  •  Elle permet aux cépages d’exprimer toutes les nuances d’un terroir.

Et la biodynamie, qu’est-ce que c’est ? :

Les principes de la biodynamie ont été définis en 1924 par Rudolf Steiner pour répondre aux préoccupations des agriculteurs qui voyaient déjà leur terre bien malmenée. Depuis, et pendant des décennies, la course au rendement n’a fait qu’aggraver les choses. Les sols, considérés comme de simples supports, par l’emploi de désherbants chimiques devinrent stériles et demandèrent de plus en plus d’intrants. Quant aux plantes extrêmement affaiblies par les insecticides et fongicides, elles nécessitèrent des traitements toujours plus nombreux et plus agressifs. Une course dont on perçoit aujourd’hui largement les limites. Mais la biodynamie est une méthode de culture qui va bien au-delà du fait d’exclure l’emploi de produits chimiques de synthèse. Cette démarche demande à l’agriculteur deux qualités, celle d’observer et celle de réfléchir pour comprendre ce qui se passe sur son domaine agricole afin de mettre en œuvre les bonnes pratiques et les bonnes préparations au bon moment.

On peut la résumer de la façon suivante :

  •  valoriser le sol et la plante dans son environnement naturel grâce à des préparations issues de matières végétales, animales et minérales,
  •  appliquer ces préparations à des moments précis dans le cycle de l’année,
  •  travailler éventuellement le sol par des labours ou des griffages.

Tous ces soins vont permettre :

  • d’améliorer la qualité de la terre par la présence d’une grande variété de micro-organismes comme les bactéries, d’insectes, de champignons, des vers de terre,
  • un meilleur enracinement de la plante, avec des racines plus denses, plus allongées, plus profondes,
  • un meilleur développement des feuilles et des fleurs qui permettront une belle fructification,
  • le développement de nombreuses souches de levures indigènes sur les baies de raisin qui permettront lors de la fermentation alcoolique d’obtenir un « vrai » vin de terroir.

La biodynamie repose aussi sur un concept essentiel, le concept d’organisme. L’exploitation agricole tend à devenir progressivement un «organisme» aux parties différenciées s’intégrant harmonieusement dans l’environnement en respectant les caractéristiques naturelles du lieu.

«Tout ce qui fait partie de l’entreprise agricole, le sol, les animaux, les plantes, les hommes et aussi les plantes sauvages, les bois, le climat local, etc, tout ceci créé un organisme aux nombreuses interactions réciproques.»
E. Pfeiffer (1979).

« La biodynamie est la meilleure façon de se réapproprier le métier de vigneron », estime Alain Moueix*. « Répandre sur le vignoble des préparations à base d’ortie ou de prêle en tenant compte du calendrier lunaire est après tout aussi satisfaisant pour l’esprit que de déverser sur la vigne des produits phytosanitaires revêtu d’une combinaison d’astronaute pour se protéger des effets cancérigènes avérés de la plupart de ces produits. »

« La biodynamie, poursuit-il, consiste à tenter de mettre en place un environnement favorable pour prévenir un dérèglement de l’ordre naturel. L’agriculture conventionnelle réside au contraire dans une approche symptomatique : c’est la survenance du symptôme, pris isolément, qui signe la maladie et déclenche le traitement. »

Les préparations :

Elles proviennent de matières végétales, animales et minérales transformées.

  1. le compost de bouse soutient et renforce le processus de décomposition de la terre. Il contient tous les éléments qui aident à la formation du complexe argilo-humique. On y trouve un nombre et une variété de bactéries considérables.
  2. la préparation 500, bouse de corne, agit sur la plante. Elle renforce la vie souterraine. Les racines sont plus allongées, plus denses, mieux réparties.
  3. la préparation 501, silice de corne est pulvérisée sur les feuilles pour renforcer l’effet de la lumière sur la plante et donc la photosynthèse qui génère les sucres, les couleurs, les arômes. Elle améliore aussi le port érigé de la plante, favorise une meilleure circulation de la sève. Elle est élaborée à partir de quartz (silice cristallisée) très finement réduit en poudre qui est mélangée avec de l’eau de pluie et versée dans les cornes de vaches. On utilise quatre grammes par hectare dans 30 à 35 litres d’eau de bonne qualité (généralement de l’eau de pluie).

Ces trois préparations doivent être dynamisées avant l’épandage ou la pulvérisation.

Les rythmes terrestres et lunaires

Les rythmes du soleil, composés par le jour, la nuit ou les saisons et les rythmes lunaires sont évidents pour chacun de nous.

Maria Thun qui a observé et travaillé sur les influences cosmiques sur la croissance des plantes pendant des décennies est décédée en 2012, mais son calendrier publié chaque année pour réaliser les travaux et les traitements de la vigne aux meilleures dates d’intervention reste un outil utile pour les vignerons.

Quelques plantes pour aider la vigne :

  • Si l’équilibre est atteint, la plante se défendra remarquablement bien. Cependant, on aura parfois à intervenir pour aider la plante avec des tisanes, décoctions ou des dilutions homéopathiques de plantes et, si nécessaire, des produits naturels comme la bouillie bordelaise et le soufre.
  • Des alternatives au cuivre contre le mildiou : l’infusion de sauge, l’huile essentielle de romarin, l’huile essentielle d’orange douce. Des alternatives au soufre contre l’oïdium : l’huile essentielle d’orange, l’extrait de fenugrec.
  • L’ortie
  • Le purin d’orties n’est pas un traitement curatif contre les maladies mais un traitement préventif grâce à sa capacité à renforcer les défenses des plantes. C’est un engrais efficace, grâce à sa forte teneur en azote et aussi un répulsif contre les parasites (insectes en général, pucerons et certains acariens), quand il est pulvérisé directement sur les feuilles.
  • La prêle
  • Le purin de prêle, issu d’une décoction, a des effets fongicides car il apporte de la silice aux plantes, ce qui leur permettrait de renforcer leurs tissus. La décoction d’ail est également assez efficace comme fongicide.
  • La consoude
  • Le purin de consoude est un fertilisant riche en potasse et contenant également de nombreux oligo-éléments tels que du calcium, du fer, du magnésium, du cuivre, du bore, du manganèse, et du zinc.

De nombreux autres végétaux auraient des vertus insecticides comme par exemple :

  • en décoction : l’absinthe, l’ail, la camomille, le noyer et le sureau.
  • en infusion : l’épazote, le lantana ou la tanaisie.
  • en macération : le pyrèthre, le tabac (l’usage de nicotine, donc d’extrait de tabac, comme insecticide est néanmoins interdit), la rhubarbe.
  • en purin (macération longue jusqu’à fermentation) : l’armoise, la fougère, le genêt, la lavande, l’ortie.

Pour conclure cette partie, si tout cela vous a paru abscons, étrange, ésotérique, vous qui êtes si cartésien (et je me reconnais bien là, il y a plusieurs années), je peux vous donner un conseil très simple. Achetez et dégustez quelques vins biodynamiques et si possible, comparez-les avec des vins de culture conventionnelle (donc chimique) des mêmes appellations, voire des mêmes millésimes. Si les premiers vous ont paru plus frais, plus riches d’arômes plus précis, plus lumineux, si le fruit est éclatant, l’équilibre délicat, ce dont je ne doute pas, alors peu importe que dans un premier temps vous n’adhériez pas complètement aux principes de la biodynamie. Je suis assez persuadé que vous abandonnerez vite les seconds !

* Vigneron depuis 1991, il pratique la biodynamie certifiée au Château Fonroque (Grand Cru de saint-Emilion) depuis 2002 et au Château Mazeyres (Pomerol) depuis 2012.

Ma définition des vins nature(l)s

Ce sont des vins biologiques ou biodynamiques Sans Sulfites Ajoutés ou à (très très) bas sulfites.

Les sulfites ont des propriétés antioxydantes et antibactériennes. C’est pourquoi ils sont utilisés dans le vin (mais aussi la bière, le cidre, la moutarde, les fruits secs, les charcuteries, etc.), afin d’empêcher son oxydation et des défauts dus à certaines levures et bactéries (lactiques et/ou acétiques), comme la formation d’une trop forte quantité d’acidité volatile (agressive et très désagréable), laquelle pourrait conduire à l’acescence (odeur de vin piqué, vinaigre).

Les levures, lors de la fermentation alcoolique, produisent naturellement une petite quantité de SO2, à partir des composés soufrés présents dans le raisin. La mention « sans sulfites ajoutés » signifie donc que le vigneron n’en a pas utilisés avant et pendant la vinification, ni lors de l’élevage du vin et de sa mise en bouteilles.

Pour faire un vin avec très peu ou pas de sulfites, il faut notamment une vendange très qualitative, très saine, sans aucune trace de pourriture (éventuellement triée), un vin aux caractéristiques remarquables (acidité, pH, tanins, etc), une hygiène de cave parfaite, une protection du vin contre l’oxydation grâce au CO2 naturel par exemple, et une attention portée au moindre détail tout au long de son élaboration jusqu’à sa mise en bouteilles.

En France, depuis le 25 novembre 2005, les bouteilles doivent mentionner la présence de sulfites si leur teneur est supérieure à 10 mg/litre.

Les sulfites (SO2, dioxyde de soufre), tableau comparatif entre : 

Un vin rouge bio sélectionné pour wine-et-vin Maximum autorisé pour un vin rouge bio Maximum autorisé pour un vin rouge en culture dite conventionnelle
SO2 total : 10 à 40 mg/l SO2 total : jusqu’à 100 mg/l  SO2 total : jusqu’à 150 mg/l

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