Fermentation sous contrôle : l’essor de la bioprotection et des levures indigènes
Bioprotection : la nature comme alliée face aux altérations
Longtemps utilisé comme additif incontournable, le soufre (SO2), aux propriétés anti-oxydantes et anti-microbiennes, est aujourd’hui remis en cause pour ses effets sur la santé et son impact sur l’expression des vins. Les alternatives naturelles sont donc au cœur des recherches, notamment la bioprotection.
- Définition : la bioprotection consiste à ensemencer de façon préventive les moûts avec des micro-organismes non pathogènes (souvent des levures comme Metschnikowia pulcherrima ou Torulaspora delbrueckii), qui prennent de vitesse les flores indésirables et limitent le recours au soufre dès la vendange.
- Bénéfices observés :
- baisse jusqu’à 70% de l’oxydation comparé à un lot non protégé (sources : IFV, Institut Français de la Vigne et du Vin ; Lallemand Oenology).
- meilleure expression aromatique et diminution des déviances (vins "sourds", piques acétiques…)
Levures indigènes et maîtrise des fermentations spontanées
Plus de 100 espèces différentes de levures indigènes peuvent coexister sur les baies de raisin (FAO, 2021). Elles constituent la signature microbienne d’un terroir. Aujourd’hui, les innovations portent sur la sélection participative : certaines maisons travaillent avec les instituts de recherche pour identifier, conserver et réutiliser les levures locales les plus performantes, offrant ainsi stabilité et originalité sans recourir à des souches commerciales.